4. MISE EN EQUATIONS DU PROBLEME
4.1. Hypothèses simplificatrices
Nous allons aborder le phénomène de convection dans le contexte d'une mince couche de fluide confinée entre deux plaques polies rigides horizontales. La plaque inférieure et supérieure sont maintenues à des températures respectivement notées T2 et T1 (T2>T1) uniformes et constantes.
De ce modèle découlent les hypothèses simplificatrices suivantes:
- le gradient de température, cest-à-dire la variation de température par unité de hauteur, est linéaire ;
- la gravité, supposée uniforme à léchelle de lexpérience, est la seule force agissant à l'intérieur de la couche de fluide ;
- la densité est la seule propriété du fluide affectée par la variation de température. La viscosité et la diffusivité thermique sont donc supposées constantes. Notons que la densité décroît lorsque la température augmente.
4.2. Mise en équations
T1
air
T2
En un point (x,y,z) de la couche dair, on peut écrire la température T(x,y,z,t) sous la forme :
![]()
où T0 est la valeur moyenne de la température.

: écart de température par
rapport à ![]()
est petit devant ![]()
De même, on peut écrire la densité du fluide sous la forme:
![]()
avec:
![]()
: densité du fluide en labsence de gradient de
température, supposé uniforme
:
écart de densité par rapport à ![]()
Pour la pression P on a de même :
![]()
où
est la pression moyenne de la
couche dair.
et
est
lécart de pression par rapport à
dû principalement au
gradient thermique et de façon, ici, négligeable par rapport à
la hauteur (champ de gravitation).
Léquation de Navier-Stokes en présence dun champ de pesanteur pour un fluide visqueux est:

où :
est la viscosité dynamique.
est le vecteur vitesse du fluide.
Dautre part, à pression constante :

V est le volume du fluide.
est le coefficient de dilatation thermique isobare du fluide.
Après avoir défini la viscosité cinématique comme le rapport :

Léquation devient donc :

avec :
![]()
et :

on obtient alors :

Le terme
, qui
résulte de linteraction du champ de gravité avec le
gradient de densité, est le terme moteur de la convection. Le
terme
représente
les effets visqueux du fluide.
Le terme inertiel
et le gradient de pression sont considérés
négligeables par rapport au terme
.
Un mouvement convectif pourra avoir lieu quand le terme représentant la convection sera suffisamment important par rapport au terme représentant la traînée visqueuse.
![]()
où
est une constante sans dimension
Cest le nombre de Rayleigh critique qui dépend étroitement des conditions aux limites du problème.
On peut dautre part déterminer des échelles caractéristiques.
En particulier, on a :

où d est distance entre les deux plans
et :
![]()
Considérons enfin léquation de la chaleur dun fluide :

K : diffusivité thermique
On déduit de cette équation une vitesse caractéristique en régime permanent :

Le phénomène de convection débutera donc pour :

Si lon définit le nombre de Rayleigh
comme
étant:

on aura donc un écoulement convectif pour:
![]()
Dans le cas où la couche de fluide est comprise entre deux
plans infinis, des calculs théoriques montrent que le nombre de
Rayleigh critique est de 1708 [3]. Des expériences menées par
P. Silveston et E. Koschmieder laissent prévoir également que
=1700 ± 50 [3].
Le but des T.P. proposés ici sera en particulier dévaluer lécart par rapport à cette valeur idéale pour le rapport daspect L/d utilisé.